N°6 - 2002

Sommaire

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Palestine
- 1948-2002: guerre coloniale (C.-A. Udry)

Venezuela
- Coup d'Etat et riposte plébéienne (C.-A. Udry)  

Israël-Turquie
- La collaboration de deux Etats particuliers (Murad Akincilar)  

France
- Les dés pipés de la présidentielle (Michel Husson)
- Contre la politique spectacle(Jean-Marie Vincent)
- Entretien avec François Sabado  
- Un seul programme pour deux (François Chesnais)

Italie
- Mobilisations des salarié·e·s. A la frontière d'une embellie(entretien avec F. Turigliatto)

Suisse-Afrique du Sud (II)
- Présence suisse en Afrique du Sud Continuité d'une domination(D. Gygax)

Socialisme en débat (II)
- «Qu'est-ce que le socialisme-à-partir-d'en-bas?» (Hal Draper)

A lire
-
Henri Lefebvre, La fin de l’histoire


Editorial
Le retour...
Entre le 9 et le 11 avril 1948, plus de 120 Palestiniens - en provenance de divers villages et villes de Palestine - furent assassinés à Deir Yassine, près de Jérusalem (cf. Tom Segev, 1949: The First Israelis, New York, 1998). Les auteurs de ce massacre? Des groupes paramilitaires terroristes: l'Irgun et le Groupe Stern. Ils combattaient pour «l'indépendance» d'un Etat, nommé Israël.Ce carnage et la rumeur panique qu'il suscita parmi les Arabes - c'était sa fonction - produisirent un exode massif. Une étude sollicitée par le Congrès américain conclut: «Les nouvelles [de Deir Yassine] ont précipité la fuite de la population arabe [vivant en Palestine] de toutes les régions où vivait une population significative de Juifs»(Helen Chapin Metz, ed., Israel: A Country Study, Washington, D.C., 1991).Quelque 750000 Palestiniens quittèrent, alors, leurs villages et leurs villes. Depuis 50 ans, ils constituent un peuple de réfugiés. Leur tragédie se situe au cœur du drame présent. L'ONU en compte plus de 3 millions. Leur lieu d'origine fonctionne comme un dernier ancrage. Ils viennent de Jérusalem (516000 aujourd'hui), Gaza (852000), Lydda (1125000), Haïfa (417000), Galilée (690000), Samarie (132000). Ils croupissent dans des camps: en Jordanie (1,5 million), en Cisjordanie (583000), à Gaza (823000), au Liban (376500), en Syrie (383300). En Cisjordanie ils sont la cible de l'armée israélienne.
En avril 2002, des terroristes d'Etat, cette fois, commettent un deuxième Deir Yassine. «La pensée israélienne admise est de jeter les Arabes dehors du pays.»C'est ainsi que l'hebdomadaire de la City, The Economist, conclut son Special Report. The Economist explicite, en premier lieu, la position israélienne sur le droit au retour des Palestiniens. Ce droit fondamental et inaliénable - retour ou compensation adéquate - a été sanctionné par l'Assemblée générale de l'ONU, en 1948: la résolution 194. Elle a été réaffirmée à maintes reprises. Or, ce droit apparaît aujourd'hui comme excessif, même à celles et ceux qui "souhaitent la paix»!"
En second lieu, The Economist fait référence au projet mis en ˙uvre par Sharon avec «l'opération rempart». Suzanne Goldenberg, en première de TheGuardian,permet d'en décrypter le sens: «Ils [les témoins] parlent aussi de l'utilisation de boucliers humains par l'armée israélienne.»(12 avril 2002). Elle nous transmet des témoignages. «Il[un enseignant de 43 ans de Jénine] a été blessé en servant de bouclier humain pour une patrouille de l'armée israélienne qui l'a sorti de sa maison les yeux bandés, les mains attachées, avec un fusil dans le dos... Il a été contraint de marcher devant les soldats - et devant les chiens renifleurs - qui effectuaient le travail dangereux de fouille maison après maison...» Des témoignages identiques affluent.L'interdiction faite à l'ONU et à la Croix-Rouge de visiter le camp de Jénine, jeudi, est conforme à la nécessité de tenter de cacher les basses ˙uvres criminelles. Les paramilitaires serbes au Kosovo agissaient de même. Quant aux «boucliers humains», qu'on se rappelle l'utilisation sémantique qu'en fit Bush (père) pour justifier le bombardement de Bagdad lors de la guerre du Golfe, en 1991.La traque au terroriste dont parle S. Goldenberg a été simplifiée comme elle le mentionne: «Il n'y a plus de maisons dans les camps de réfugiés; il n'y a plus qu'une autoroute.»Tout raser sur son passage, cela rappelle la Pologne de 1940...
Cette évocation historique, aussi douloureuse soit-elle pour celui qui la formule, ne peut être évacuée. Car le gouvernement Sharon-Peres (voir la feuille ci-jointe du MPS et l'article en pp. 3-4) poursuit un but historique, tel que le résume le Wall Street Journal: Sharon a conquis des quartiers de Jérusalem-Est; il a encouragé - avec les Travaillistes - l'installation des colons «dont le nombre a doublé pour passer à 200000»; enfin, «au cours des derniers 18 mois du soulèvement palestinien... des villes satellites [ont été construites] qui occupent de plus en plus la Cisjordanie»(12 avril 2002). Quelle paix les médias invoquent-ils? Celle des cimetières? - cau

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